EXPOSITION DE 2015 - La Mansarde de Veyrier

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EXPOSITION DE 2015

LE CHEVALET
 

NOTRE TERRE projet réalisé par l’atelier décoration peinture dans le cadre du Semestre de motivation (SEMO) de la Croix-Rouge genevoise encadré par Ioana Cristea, artiste peintre.

« Les quatre éléments – la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu – aussi bien présents et animés dans l’environnement qui nous entoure qu'en nous humains. Présents dans les détails les plus infimes soient-ils, présents dans les plus imperceptibles êtres vivants, présents dans les étoiles et les galaxies les plus lointaines, dans le Soleil qui ne cesse de briller au dessus de nos têtes, dans la forêt verdoyante la plus proche, dans la rivière qui prend joyeusement source à l’ombre de ses arbres et la mer dans laquelle elle se jette intarissable au bout de son chemin, dans les poissons ondulant en orchestre contre le courant brûlant d’une énergie si riche et si pure. Les quatre éléments, couleurs originelles de ce grand tableau, couleurs à la fois inégales et à la fois si uniformes dont l’équilibre de l’ensemble ne tient qu’à un fil.

Tout d’abord d’une simple étincelle naquirent toutes choses. D’innombrables âges passèrent, ces quatre éléments qui virent le jour se mélangèrent, se transformèrent, créant, sculptant et façonnant leur monde sans cesse. Ainsi après moult créations, moult coups de pinceau, le dessin qu’ils ne cessèrent de dessiner depuis le commencement finit par prendre vie. Des traits auxquels ils offrirent la vie, un grain de poussière accueillit des animaux, des plantes, des nuages de toutes les teintes.

Certains tels que des bulles de savon n’existèrent qu’un bref instant, d’autres plus longtemps, s’épanouissant au gré du temps.
Des tonalités que se colora la Terre, l’Homme trouva également substance. Et l’Homme, une fois son heure venue, découvrit l’étendue des choses gisant devant ses yeux. Émerveillé, il prit conscience de sa propre existence et chercha à comprendre l’origine de ces lueurs. Il essaya alors de modeler cette toile à sa manière, naguère hésitant mais aujourd’hui au poignet de plus en plus adroit.

Un beau jour, l’Homme découvrit le Feu à son tour. Le Feu l’aida à se protéger du danger et du froid, à cuire sa nourriture. Une fois nourri et protégé, il pouvait penser à son avenir, mais il vivait alors de chasse et de cueillette, cette vie était aux lendemains incertains. Il finit par apprendre comment cultiver, il s’installa sous un toit et usa de sa débrouillardise. Il prit de ce que l’eau et la terre réunies avaient à lui offrir. Il avait maintenant un endroit, une toile qu'il pouvait modeler à sa guise. De ce fait il pouvait rêver et aller au-delà ses rêves. Son regard se portait vers l'avenir scrutant les étoiles qui flamboyaient là-haut, inatteignables. Il mit en œuvre sur ce tableau, telle la pâle figure d'un cinquième élément fictif qui retiendrait lié et assemblerait tout l'ensemble, sa touche personnelle. Curieux, téméraire dont l'ambition est celle de l'âme d'un enfant infatigable car, c'est bien ce qu'est un Homme en vérité, un enfant. Un enfant qui n'aspire qu'à prendre son envol, quitter son nid, son berceau, sa planète vers l'inconnu des étoiles l'appelant depuis la nuit des temps. Rien ne l'arrêtait, pas même lui. Tombant, rampant il s'avançait, toujours en se relevant, grandissant, mûrissant. Il découvrit comment emprisonner le Feu dans des ampoules, comment dompter l'Eau avec des barrages, comment mouler la Terre en érigeant des villes. Toujours pressant, presque tête baissé. Il fit le tour de sa planète, habita sur tous les continents, sous tous les climats. Il profita de tout ce que la Terre lui offrait et bien encore.

Et le temps viendra où sa planète ne lui suffira plus, il voguera dès lors vers d'autres horizons. Il s’imaginera être prêt, peut-être qu'il le sera, mais en ce bas monde il y a des faits indéniables qui ne changeront pas. Un enfant aura toujours besoin d'une mère autant que l'Homme aura la nostalgie de sa Terre. Et c'est bien cela le problème, l'Homme a encore beaucoup à apprendre. Il devra sans doute réapprendre à aimer, à chérir sa Terre, à redevenir son enfant, à revivre parmi les siens comme il le faisait lors de ses premiers jours. À prendre soin de sa Terre, son foyer où il se sentirait éternellement chez lui, ce lieu de l’éternel retour où il serait toujours le bienvenu. »


Aydin Kisa
Jeune participant du SEMO (Semestre de Motivation)

Croix-Rouge genevoise
Rue Eugène-Marziano 33
1227 Acacias
www.croix-rouge-ge.ch


Réalisation:
mai-juin 2015



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